Algorithme de la modélisation
Algorithme du modèle
La maladie de la cercosporiose de la betterave est causée par le champignon cercospora beticola. Il s'agit d'une succession d'étapes biologiques qui doivent toutes être réunies pour qu'une nouvelle infection se produise. Plus les conditions météorologiques sont favorables à chaque étape, plus le risque global augmente.
Le modèle analyse chaque étape séparément et lui attribue un score de risque. L'objectif du modèle est d'identifier les moments où les maillons déclencheurs de la maladie sont réunis afin d'aider le producteur à positionner ses traitements au moment le plus propice. L'intérêt est d'anticiper les contaminations plusieurs jours avant l'apparition visible des symptômes et ainsi de positionner les traitements au moment où ils seront les plus efficaces.
La logique globale du modèle
Source d'inoculum
↓
Production de spores
↓
Dispersion des spores
↓
Infection des feuilles
↓
Incubation
↓
Nouveaux symptômes
↓
Nouvelle production de spores
#1 Des conidies ont-elles été produites ? (Sporulation)
Même si la météo est favorable, une infection ne peut avoir lieu que si le champignon est déjà présent. Les principales sources sont :
- résidus de betteraves contaminés ;
- pseudostromas survivant dans les débris végétaux ;
- parcelles voisines infectées ;
- repousses ou plantes hôtes alternatives.
La sporulation (production de nouvelles conidies sur les tissus déjà infectés) se déroule principalement la nuit. Le modèle analyse les conditions favorables en température et humidité de l'air au cours des 2 derniers jours:
Conditions nocturnes
| Température | Effet |
|---|---|
| Température < 10 °C ou %HR < 70 % | Sporulation bloquée |
| Température 20-26 °C et %HR > 95% | Conditions optimales |
| Température > 38 °C | Sporulation fortement réduite |
Interprétation du score
| Score de sporulation | Signification |
|---|---|
| 0 | Aucune production de spores |
| Faible (2-3) | Quelques spores produites |
| Moyen (4-6) | Production significative |
| Élevé (7-10) | Forte production de spores |
#2 Effet du développement du couvert végétal
Le stade de la culture influence fortement la capacité de la maladie à s'installer. Le modèle commence ses calculs dès le stade BBCH 14 (4 feuilles étalées), mais le risque réel n'augmente que lorsque le feuillage se ferme.
Pourquoi ?
- l'humidité reste plus longtemps emprisonnée ;
- les feuilles sèchent plus lentement ;
- la rosée persiste davantage ;
- le microclimat devient beaucoup plus favorable au champignon.
Développement foliaire
| Stade de la culture | Risque |
|---|---|
| 4 - 8 feuilles | Faible |
| Croissance active | Moyen |
| Couverture totale du sol | Elevé |
#3 Les spores ont-elles été dispersées ?
Le modèle analyse :
- le vent ;
- les pluies ;
- les éclaboussures.
Dissémination des conidies
| Paramètres | Effet |
|---|---|
| Peu de vent et temps sec | Peu de dispersion |
| Vent ou pluies modérées | Dispersion modérée |
| Vent et pluies avec éclaboussures | Dispersion importante |
Interprétation du score
| Score dispersion | Signification |
|---|---|
| Faible (0-2) | Peu de spores atteignent les plantes |
| Moyen (3-6) | Dissémination possible |
| Élevé (7-10) | Forte dissémination |
#4 Les conidies peuvent-elles infecter les feuilles ?
C'est l'étape la plus importante du modèle. Après leur dépôt sur une feuille, les spores doivent bénéficier d'une période suffisamment longue d'humectation pour germer et pénétrer les tissus.
Le modèle prend en compte :
- la température durant l'humectation ;
- la durée d'humectation foliaire.

Conditions pour l'infection
| Situation | Effet |
|---|---|
| Pas d'humectation | Pas d'infection |
| Température < 13°C | Pas d'infection |
| Température entre 13 et 38 °C et Humectation > 7 heures | Infection possible |
| Température proche de 27°C et longue humectation (> 7 heures) | Infection importante conditions optimales |
Plus la température s'éloigne de l'optimum, plus une longue période d'humectation devient nécessaire pour permettre l'infection.
Interprétation du score
| Score infection | Signification |
|---|---|
| Faible (0-2) | Infection improbable |
| Moyen (2-3) | Infection possible |
| Élevé (3-6) | Infection probable |
| Très élevé (7-10) | Infection quasi certaine |
#5 Calcul du risque global
Le système expert du modèle combine les trois étapes clés avec un poids plus important accordé à l'infection.
| Situation | Risque final |
|---|---|
| Pas de sporulation | Nul |
| Sporulation forte mais dispersion faible | Faible à moyen |
| Sporulation + dispersion + infection favorables | Élevé |
| Toutes les conditions optimales | Très élevé |
Interprétation du score global
| Score final | Signification agronomique |
|---|---|
| 0-2 | Pas de risque significatif |
| 3-4 | Vigilance |
| 5-6 | Risque modéré |
| 7-8 | Risque élevé |
| 9-10 | Risque très élevé |
Le signal le plus préoccupant est l'apparition de plusieurs jours consécutifs à risque élevé.
#6 Temps d'Incubation
Après l'infection, les symptômes ne sont pas visibles immédiatement. Le mycélium du champignon va d'abord se développer dans les tissus avant d'initier une nouvelle sporulation. Le modèle calcule cette période d'incubation à partir de la température moyenne journalière.

Effet de la température
| Température moyenne | Vitesse d'incubation |
|---|---|
| Inférieure à 15°C | très Lente |
| Modérée (15-20°C) | lente |
| Élevée (20-30°C) | Rapide |
Très élevée (> 35°C) | Ralentissement |
Durée estimée
| Conditions météo | Apparition des symptômes |
|---|---|
| Favorables | 5 à 11 jours |
| Peu favorables | Jusqu'à 21 jours |
Le modèle ne doit jamais être utilisé seul. La meilleure stratégie consiste à combiner :
✅ le niveau de risque calculé par l'OAD ;
✅ l'historique de la parcelle ;
✅ le stade de fermeture du couvert ;
✅ les observations de terrain ;
✅ la présence ou non des premières taches.
Modélisation développée par 
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