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Protéger les auxiliaires

25 septembre 2026 par
Eric
⚠️ Préservation des auxiliaires lors des interventions insecticides

Le choix de l'insecticide est déterminant pour s'assurer une bonne efficacité contre les ravageurs des cultures mais il faut aussi penser à préserver les alliés naturels présents dans la parcelle. 

Que ce soit pour les ravageurs ou pour les auxiliaires, il y a 2 aspects à considérer concernant la toxicité d'un insecticide : 

La toxicité immédiate correspond à l'effet du produit lorsqu'un insecte reçoit directement la pulvérisation ou entre rapidement en contact avec le dépôt. 

La toxicité résiduelle, qui elle, répond à la question de savoir combien de temps après le traitement les résidus présents sur la végétation restent toxiques.

Avant tout traitement, il convient

  1. d'identifier la pression du ravageur
  2. d'observer les auxiliaires présents dans la parcelle
  3. de connaître les propriétés toxicologiques des produits

Exemple de la toxicité biologique du tau-fluvalinate sur les auxiliaires

L'IOBC (International Organisation for Biological Control) publie les résultats de ses tests de toxicité résiduelle des insecticides. Ci-dessous un tableau créé au départ de ces sources.


Introduction aux auxiliaires du colza

Les carabes 

Les carabes peuvent avaler une à trois fois leur poids chaque jour; les ravageurs concernés sont les larves d'altise et larves de charançon. Les carabes se nourrissent également de pucerons, petites limaces, larves diverses et graines d'adventices. Un intérêt qui dépasse donc le seul volet ravageur. 

Les syrphes

Les syrphes, bien que  pollinisateurs à l'âge adulte, jouent un rôle de prédateurs durant leur stade larvaire. Une seule larve peut dévorer entre 400 et 500 pucerons. Cette capacité de consommation est déterminante, surtout lorsque l'on sait que la larve a un développement rapide de 10 à 16 jours, mangeant jusqu'à 30 à 50 pucerons par jour.

Les coccinelles

Les coccinelles sont également des auxiliaires notables, principalement pour leur consommation de pucerons. Une larve de coccinelle peut consommer jusqu'à 600 pucerons;  tandis qu'un adulte peut en manger 50 à 80 par jour. Cela fait plusieurs milliers au cours de sa vie.

Les guêpes parasitoïdes

Les guêpes parasitoïdes jouent un rôle crucial, régulant jusqu'à 70% des populations de ravageurs comme les altises et les méligèthes. Un parasitoïde est un insecte dont la larve se développe à l'intérieur d'un hôte qui finit par le tuer. Si l'on prend l'exemple du Tersilochus, il parasite les larves des ravageurs du colza, méligèthes, charançons, altises en pondant ses œufs dedans. 

La larve parasitée réalise un cycle normal, puis se laisse tomber au sol pour réaliser sa nymphose, la transformation de la larve en adulte. Au printemps la larve de la guêpe se développe au détriment de la nymphe du ravageur: une guêpe adulte émergera. L'effet de cette régulation n'est effectif que l'année suivante.  

C'est grâce au non-travail du sol, de la récolte du colza au semis de la culture suivante, que les populations de Tersilochus seront efficacement préservées. Il est vrai que la complexification du paysage bénéficie à la fois aux parasitoïdes et aux méligèthes (Rush 2010)… mais ces derniers ont une capacité de dispersion plus grande : ils parviendront donc toujours à trouver une parcelle de colza, même lointaine de leur site d’hivernation, tandis que les auxiliaires ne seront actifs que dans un rayon de 2000m (Greenotec)

👉 Observer les ravageurs… mais aussi ceux qui les combattent

Pour mieux protéger les auxiliaires, encore faut-il savoir quand et où ils sont présents dans les cultures. Coccinelles, syrphes, carabes, parasitoïdes : leurs populations évoluent tout comme celles des ravageurs.

C'est précisément le type d'informations que nous pouvons partager entre agriculteurs : ravageurs observés, auxiliaires présents, niveau de pression et évolution dans les parcelles.

Lors de votre prochain tour de plaine, photographiez aussi les auxiliaires que vous rencontrez et partagez vos observations dans Vigi-Cultures.

Plus nous connaîtrons leur présence au moment de décider d'un traitement, plus nous pourrons choisir quand intervenir et avec quel produit, en préservant au maximum la régulation naturelle.


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